Faut-il accepter un crédit vendeur ?

Au moment de négocier le prix de cession de l’entreprise, l’acheteur peut solliciter auprès du vendeur un prêt. Les précautions à prendre et les cas où il faut accepter ou refuser.

Comment financer la reprise d’une entreprise ? L’acheteur peut apporter les liquidités dont il dispose, solliciter un prêt bancaire, ou encore trouver des quasi fonds propres par l’intermédiaire de business angels et des fonds d’investissements. Il peut aussi demander au vendeur de lui accorder un crédit sur une partie du montant de la cession. Dans ce dernier cas de figure, on parle – à juste titre – de crédit vendeur. De quoi s’agit-il ? C’est un prêt entre professionnels, à l’image d’un prêt entre particuliers. Le montant accordé ne peut pas dépasser 50 % du montant total de la transaction. De plus, il doit être remboursé sous 3 ans. Parfois 5 ans, mais c’est très rare. Dans tous les cas, cette durée encadrée est fixée librement entre les parties. Bien sûr, il y a un taux d’intérêt. Celui-ci est libre. Du coup, les parties peuvent se mettre d’accord sur un taux zéro, sur un taux équivalent à celui proposé par une banque ou bien sur un taux supérieur au marché bancaire.

Avantages et inconvénients du crédit vendeur

Avec le crédit vendeur, l’acheteur dispose d’une opportunité de payer en plusieurs fois l’entreprise qu’il convoite. Pour lui, les avantages sont nombreux. Par exemple, les capitaux “économisés” peuvent être affectés à la mise en place du plan de développement de l’entreprise qu’il souhaite mettre en oeuvre. Ou tout simplement disposer de la trésorerie face à des dépenses difficilement quantifiables et liées à la période de transition. Cela peut être aussi un moyen pour lui de s’engager dans une opération de reprise d’une entreprise en difficulté ou lorsque la cession s’accompagne d’un plan de redynamisation de l’activité. Le crédit vendeur lui permet d’obtenir une sorte de sursis. Il offre aussi un moyen d’ajuster le prix de vente à la réalité de la santé financière de l’entreprise et apprécier la capacité à remettre les comptes en solde positif.

Pour le vendeur, accorder un crédit à l’acheteur n’a pas de sens si son entreprise est saine et profitable. C’est même un risque : faire face à un impayé partiel ou total de la somme convenue. Dit autrement, pourquoi financer une partie du montant de la cession de l’entreprise, si l’activité permettra de dégager des revenus suffisants pour investir, tout en remboursant les emprunts bancaires liés au rachat de la société ? Aucun. En revanche, si l’entreprise connaît quelques difficultés, ou que le montant de la vente paraît un peu surélevé à l’acquéreur, le crédit vendeur est une caution déterminante pour conclure la vente. Le cédant fait alors la preuve qu’il croit encore en son entreprise. Il croit aussi en la transmission à un nouveau dirigeant pour un rebond du développement de celle-ci. Et si effectivement, la rentabilité élémentaire ne vient pas, alors il assume de n’être payé que partiellement du montant convenu. Un message fort qui convainc très souvent.

Quelques précautions à prendre avec un crédit vendeur

Bien sûr, le crédit vendeur répond à un cadre juridique précis. Ce qui n’empêche pas de prendre quelques précautions. Pour commencer, le chef d’entreprise cédant se doit d’assurer ses arrières en demandant à l’acheteur de souscrire une assurance décès. Ensuite, il paraît raisonnable d’obtenir des garanties, comme le cautionnement. Puis, si l’acquéreur n’apporte pas une totale certitude sur sa capacité à mener à bien l’entreprise rachetée et à honorer sa dette, le vendeur peut envisager de démembrer les parts de l’entreprise. Alors, il devient le nu-propriétaire de son entreprise jusqu’au paiement total du crédit et le repreneur l’usufruitier.

Enfin, l’accord de financement entre les deux parties se signe en présence d’un avocat, ou devant un notaire. A cette occasion, le vendeur doit verser le montant de la transaction non financé par l’opération du crédit-vendeur, selon les modalités prévues dans le contrat de vente. Notez que le crédit vendeur n’est pas la seule alternative dans un dossier de cession compliqué et difficile. Le lease back peut être une autre forme de financement. Elle se rapproche du concept de crédit-bail.

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