Les enjeux de la confidentialité d’une vente d’entreprise

Salariés, fournisseurs, clients, concurrents… Mieux vaut qu’ils sachent le plus tard possible que votre entreprise est à vendre. Voici comment limiter l’anxiété et les attaques malveillantes.

L’acte de transmettre place l’entreprise dans un moment charnière. On peut parler d’une sorte de période de “trou d’air”. En effet, c’est un moment où les risques peuvent être plus importants et entraîner de fortes turbulences. Aussi, son dirigeant a tout intérêt à respecter le caractère confidentiel de l’opération. Pourtant, s’il fait le choix d’aller chercher seul les repreneurs potentiels, il peut difficilement garder le secret sur ses intentions. Il n’a pas d’autre choix que de s’afficher publiquement sur le marché, comme par exemple de diffuser une annonce par l’intermédiaire des chambres consulaires. Dès lors, rapidement, il doit parler à ses fournisseurs, à ses clients, à ses salariés, à ses financeurs…

Trois écueils en l’absence de confidentialité dans la vente d’une entreprise

A partir du moment où le marché et les différents interlocuteurs de l’entreprise savent que l’entreprise est à vendre, de nombreux comportements vont changer. La gestion de l’entreprise va devenir beaucoup plus compliquée. D’abord, pour les salariés : savoir que la société cherche un repreneur sans savoir qui va la diriger, crée une peur de l’inconnu. Et c’est très anxiogène. Des tensions peuvent naître, tout comme de la démotivation ou des départs précipités.

Ensuite, les clients : c’est une période de questionnement majeur. Et les concurrents n’auront pas de scrupules pour semer le trouble : “Mais monsieur vous n’allez pas acheter avec cette entreprise ! Nous, nous sommes des gens sérieux : nous ne sommes pas à vendre.” Ainsi, potentiellement, l’absence de confidentialité peut tuer des opportunités d’affaires, une baisse du carnet de commande et une chute de la rentabilité.

Mais monsieur vous n’allez pas acheter avec cette entreprise ! Elle est à vendre ! »

Enfin, plusieurs partenaires de l’entreprise peuvent s’interroger sur sa santé financière. Or le doute n’est pas permis. Les fournisseurs peuvent craindre de ne pas être payés et demander des garanties supplémentaires. Les banques peuvent pousser le dirigeant à retarder des dépenses de bonne gestion comme le report d’un changement de matériel dans l’attente de la conclusion de l’opération de cession.

Faire signer un engagement de confidentialité

Le rôle du chef d’entreprise pendant la période de négociation et de vente est d’éviter tous ces phénomènes anxiogènes. La confidentialité de cette opération de fusion-acquisition vise à protéger l’entreprise et ses acteurs importants. Dès lors, l’équipe dirigeante a tout avantage à s’appuyer sur un tiers, par exemple un cabinet spécialisé dans la fusion et l’acquisition. Ce dernier est le garant d’un processus et d’une organisation centrés sur la non divulgation de l’opération.

Comment ? Dans les premières communications publiques (annonce, campagne de prospection de personnes morales, personnes physiques…), tout est fait sous le sceau du secret, en utilisant un nom de code et une fiche d’information anonymisée. Surtout, en signant un engagement de confidentialité (en anglais, no disclosure agreement : NDA), les repreneurs potentiels s’engagent à respecter de ne diffuser aucune information et de détruire les documents. Un cabinet de conseil dispose à ce titre d’outils pour s’assurer du respect des règles fixées. Si ce n’est pas le cas, des poursuites judiciaires ne manqueront pas de tomber, nourries des preuves accumulées. Bien sûr, plus la conclusion de la vente est proche, plus les fuites peuvent être nombreuses. Ce n’est pas un problème, l’essentiel a été protégé.

Par Baptiste BLANDET et Boris CHRISTEL

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